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Les quinze propositions au sujet de l'identité francophone à l'heure de la mondialisation, de la "Cellule de réflexion stratégique de la Francophonie" de l'OIF

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C'est nous qui soulignons (mots en couleur verte) - FrSphere

Toutes ces propositions sont concrètement réalisables et dépendent avant tout de la volonté politique au sein de l'OIF. Beaucoup concernent autant la Francophonie officielle que celle hors les murs, tant les intérêts culturels et politiques sont communs. Utopiques ? Pas plus que de construire, faire vivre et faire respecter la diversité cultuelle.

1 - Créer un espace public francophonePas d'avenir de la Francophonie si celle-ci n'est pas capable de réfléchir librement, contradictoirement aux multiples aspects de cette identité. Et pour cela créer un espace public au sein de la Francophonie. Prendre l'habitude de parler librement en distinguant ce qui relève des positions officielles, liées au fonctionnement de l'OIF, de tout le reste.

La crédibilité interne et externe de la Francophonie dépend aujourd'hui en grande partie de sa capacité à ouvrir en son sein un espace public qui n'existe pas. Sentiment faux quand on voit la diversité des pays qui la composent, que tout le monde est d'accord sur tout. Tendance au règlement institutionnel et bureaucratique, emprise de la langue de bois. Pas de vison claire sur les courants contradictoires tout à fait légitimes qui traversent les grandes questions. La référence à la « grande famille francophone » où tout le monde serait d'accord, si tant est que cela eut jamais existé, n'est plus de mise à l'heure de la mondialisation et de l'élargissement des thèmes de l'OIF. L'absence de curiosité pour la francophonie hors les murs, aussi importante que la Francophonie officielle, doit aussi pouvoir faire l'objet de débats. Une organisation mondiale, démocratique qui privilégie avant tout la diversité ne peut pas la nier en son sein.

Arriver à des compromis et à des arbitrages en interne n'est pas synonyme d'absence de débats et de controverses visibles. C'et au contraire ce qui fait vivre une organisation multilatérale qui veut montrer ses différences par rapport aux autres.

2 - Un pôle de communication en français
La création et l'offre, partout dans le monde, d'un bouquet satellitaire de chaînes de langue française est indispensable pour l'identité francophone. Tout membre de l'OIF pourrait s'engager à diffuser TV5 Monde sur son territoire en hertzien. Pour assoir son audience, tout en restant généraliste et de haut niveau, TV 5 Monde requiert un élargissement de son financement, grâce à une plus forte participation des pays du Nord, hors la France, mais aussi des pays du Sud. La bataille de la communication est mondiale, sauf pour la Francophonie ?
Tout est possible à condition de pouvoir parler librement. Débattre permet de dépasser les méfiances et les méconnaissances mutuelles. Il en est également ainsi pour le fonctionnement interne de l'OIF où tout le monde parle sous le manteau et pas assez publiquement, alimentant toutes les rumeurs...
En instiguant des partenariats avec les médias des trois aires linguistiques, la chaîne de la Francophonie pourrait être à l'initiative d'un pôle de communication mondial proposant des échanges de programmes d'information, des jeux, des variétés, des téléfilms ou des documentaires sous-titrés, à destination des espaces lusophones et hispanophones...Un véritable pacte du plurilinguisme audiovisuel.

Par ailleurs, la diffusion d'émission régulières sur la Francophonie et l'actualité francophone sur les grands médias de langue française à travers le monde : RFI, RFO, France Télévision, RTBF, Radio Canada, RTSR, AFP, France 24... ne pourrait que renforcer la connaissance donc le sentiment d'appartenance à un vaste espace commun.

L'identité francophone numérique, encore jeune, prendra conscience d'elle-même d'autant plus facilement que le nouveau portail de l'OIF parviendra à fédérer toutes les identités francophones, jusqu'aux plus isolées. La création d'un pôle de communication numérique en français, au-delà du seul site de l'Organisation, permettra de débattre contradictoirement des questions qui agitent l'espace francophone à travers des forums, blogs, clavardages...

L'audiovisuel ne doit pas être le seul projet de communication : il serait envisageable de mutualiser les moyens afin de créer, par exemple, une plateforme des éditeurs francophones, en particulier pour les salons du livres en France et à l'étranger.

Dans tous les cas cette politique de la communication doit sortir de la Francophonie officielle et jeter des ponts, tous les ponts possibles, avec la francophonie hors les murs.

Pour le débat sur l'identité, et dans tous les débats sur l'avenir de la Francophonie, la francophonie hors les murs est aussi importante que la Francophonie officielle. Ce sont les deux jambes d'un même mouvement. Pendant vingt ans, on s'est beaucoup occupé, à juste titre, de l'institutionnalisation de la Francophonie, comme organisation multilatérale. Il faut maintenant être attentif aux autres dimensions liées notamment aux politiques francophones, menées par ailleurs par les Etats, ainsi qu'à tous les pays où le français est langue étrangère, et à tous les endroits dans le monde où existe une histoire francophile ou francophone. Bref, s'ouvrir à la francosphère.

3 - Un Erasmus francophone
Pour maintenir et redonner à la recherche, au monde universitaire et à la science dans l'espace francophone son rayonnement, son attractivité, son excellence, il est indispensable de mettre en place un dispositif ouvert pour assurer la mobilité des étudiants, des enseignants, des scientifiques et des chercheurs.

Son originalité serait de permettre à tous les étudiants ayant choisi le français, mais aussi aux enseignants et aux scientifiques francophones de pouvoir circuler dans la francosphère, en reprenant et élargissant le programme CIME, la formule mise au point par l'AUF au début des années 90. Il redonnerait ainsi au français et aux cultures francophones, au travers les universités francophones et la recherche de langue française, une place décisive sur l'échiquier mondial.

Voyager pour éprouver dans le déplacement physique l'importance de la diversité géographique, partie prenante essentielle de la diversité culturelle.
Par voie de conséquence, cela octroierait à la Francophonie une nouvelle dimension et une utilité que trop de personnes lui dénient encore. En désignant une vingtaine d'universités pilotes afin de constituer le premier maillage de ce réseau Erasmus, la Francophonie pourrait incarner une nouvelle forme de migration de l'intelligence et du codéveloppement : Montréal, Québec, Bruxelles, Kinshasa, Genève, Alexandrie, Hanoi, Dakar, Beyrouth, Port-Louis... Il ne s'agit pas seulement d'échanges mais aussi de coopération scientifique.
L'expérience de l'AUF est ici déterminante et l'Erasmus francophone doit se mettre en place avec sa pleine participation.

Cet Erasmus est indissociable d'une recherche sur le phénomène d'urbanisation au sein de la Francophonie ; connaître et comparer le statut des migrations urbaines est une des clefs de l'avenir de la Francophonie.

Il est également possible de créer un visa « jeune francophone » pour 4 ans, attribué à des jeunes pour la réalisation d'un projet précis. Les bénéficiaires s'engageant à retourner dans leur pays et à faire partager leurs acquis. Il faut notamment privilégier les domaines de l'économie de l'immatériel, secteurs où le Sud peut enrichir et s'enrichir.

4 - Attirer les jeunes et les francophones
Le français reste trop souvent associé à des valeurs du passé et à la culture, au sens traditionnel. Les efforts devraient se porter sur une communication plus moderne et positive : associer la langue française aux technologies innovantes, à la science et au monde des affaires. Au même titre que l'anglais. Il n'existe aucune raison que celui-ci soit la seule langue de la modernité. A cette fin, il est déterminant de créer une édition scientifique de haut niveau en langue française, capable d'attirer l'excellence de la recherche francophone.

Les systèmes de mesure de l'influence des communications scientifiques ne devraient pas être laissés dans les mains des seuls anglo-saxons. Des systèmes d'évaluation francophones, à l'exemple du « Science Citation Index », pourraient être créés et un classement des universités francophones différent du « classement de Shanghai », et plus riche, rendrait nécessairement visible la différence et l'excellence francophone. L'exemple du Japon qui exige que toutes les études subventionnées par le gouvernement soient publiées en japonais, est un modèle à reprendre.

L'OIF pourrait organiser chaque année les « Assises du savoir et de l'innovation en français » en s'associant avec un ou plusieurs grands musées (type la Villette), le réseau des Chaires Senghor, l'AUF, le CNRS, et les grands centres de recherche mondiaux francophones. Des spécialistes francophones mondialement reconnus interviendraient dans le cadre de séries de conférences-débats sur des sujets qui intéressent le grand public (médecine, environnement, médias, économie, société...).

Un prix honorifique pourrait récompenser « l'excellence en français ».
...l'essentiel de la dynamique de la Francophonie ne se trouve pas dans l'Organisation (c'est à dire l'OIF, c'est nous qui précisons).
5 - Une communication modernisée
Afin de réduire le déficit de communication, souvent reproché à l'OIF et à ses opérateurs (sauf TV5 Monde), il semble indispensable de repenser l'approche, les styles, le contenu et les moyens de cette communication. Tout est trop officiel, sans interactivité, ni ouverture, ni humour... L'avenir de la Francophonie, c'est la jeunesse, la communication est le secteur où elle peut s'épanouir, à condition qu'on lui offre une place.

La conscience d'une identité francophone forte, portée par l'OIF, ne progressera pas sans une valorisation de ses programmes et en particulier de quelques projets-phare, vecteurs des ambitions de l'Organisation. Quand celle-ci fait des choses attractives, cela se voit. Il faut refuser le style trop institutionnel, s'ouvrir sans cesse sur la francophonie hors les murs. Bref, le problème n'est pas les « tuyaux », quoique internet soit largement sous-utilisé, le problème est le style, l'ouverture, la place faite à tous, le pluralisme. Mettre en actes ce qui est dit dans les textes officiels.

Une approche complémentaire, en termes de communication, consisterait à décliner une manifestation sur le principe de la « Francofête » québécoise dans le plus grand nombre de pays de la francosphère. Elle apporterait un témoignage de la vitalité de la Francophonie et de ses liens avec la jeunesse autour de la langue française. Et ceci indépendamment de l'événement du 20 mars ; il y aurait ainsi deux temps forts de communication dans l'année, un « national » et un « international ».
Plus tout est ouvert, plus chacun souhaite conserver ses identités. La cohabitation des identités à construire est autre chose que le métissage apparu à partir, notamment, de l'ouverture du monde du 17e au 20e siècle. La problématique d'une ou des identités francophones est donc beaucoup plus ambitieuse. (...) Réfléchir à l'identité francophone, c'est donc réfléchir à l'avenir des identités dans la mondialisation. Débat ambitieux où la Francophonie peut apporter beaucoup dans un monde où plusieurs fois se posera cette question du respect de la cohabitation des identités. Parler de cohabitation des identités, c'est reconnaitre leur rôle incontournable dans un monde ouvert. C'est une démarche plus exigeante que de parler de métissage, qui, lui, laisse sous-entendre que la question de l'identité culturelle et politique n'est plus un problème...

Ce qui est bien loin d'être le cas quand on voit les affrontements et conflits à l'heure de la mondialisation. Penser les identités aujourd'hui, est penser le moyen de leur cohabitation et le moyen, sans doute, d'éviter le retour violent des irrédentismes identitaires et contribuer ainsi à la paix.

6 - l'Institut de la francophonie : un pôle de recherche
Il regrouperait, au sein de l'AUF, les Chaires Senghor existantes et aurait pour tâche d'en étendre le réseau mondial au sien de l'espace francophone et en dehors de celui-ci. Ce travail de création, développement, mise en relation, coordination des Chaires aboutirait à la création d'un pôle de recherche mondial et ferait connaitre la Francophonie qui manque de visibilité. Il serait piloté par un comité scientifique international.

Il serait également un lieu de formation « d'excellence » et de recherche pour des élites de la francosphère et donnerait envie aux meilleurs chercheurs des autres aires linguistiques de venir travailler ici en français.

Ce lieu serait en charge du recueil et de la promotion de la mémoire francophone. Parmi ses missions : l'archivage de la presse francophone mondiale, la numérisation de contenus diffusables en ligne, la recherche et la formation pour les journalistes, la mutualisation des ressources existantes, le développement de partenariats avec les grandes bibliothèques, les musées des migrations, etc.

7 - Enseigner les francophonies
Intégrer un cours sur la Francophonie dès le secondaire dans les établissements de tous les pays membres de l'OIF est une priorité.
L'Agence universitaire de la francophonie (AUF) pourrait concevoir un module de formation de quelques heurs (1 journée par exemple) intégré dans un tronc commun et rendu obligatoire pour toutes les universités membres du réseau de l'AUF.

Dans le même esprit, un travail conjoint de l'OIF et de l'AUF viserait à faire inscrire dans les cursus des programmes intégrant la littérature, l'histoire, les arts, la science, le cinéma francophones... (par exemple au programme de l'agrégation).

Enfin, il faut multiplier dans l'enseignement supérieur les départements d'études francophones qui élargissent leurs compétences au-delà de la littérature et des sciences humaines, aux domaines si essentiels des technologies, de la communication, de l'économie et du rapport science-société. D'abord en France, où ils manquent cruellement, mais aussi dans les grandes capitales du monde.

8 - Un pacte du plurilinguisme
Tout ressortissant de l'espace francophone devrait pouvoir apprendre le  français     dans   le   cadre    d'un   cursus   secondaire  public. L'encouragement au dépassement du bilinguisme, en faveur d'un multilinguisme intégrant obligatoirement le français, matérialiserait la réalité de la diversité culturelle au plan mondial.

Dans les pays de l'OIF, une signalétique en plusieurs langues au moins dans les lieux publics serait un premier signal de cette volonté.
Au travers l'intensification des liens entre les pays de langues romanes, les trois aires linguistiques seraient au coeur d'un dispositif visant à encourager réellement le plurilinguisme.

9 - Un Office de la langue française en Francophonie
Cet office se présenterait comme un instrument incitatif dans tous les pays de l'OIF où le français a un statut officiel, et comme une force de proposition sur la valorisation de la langue française dans les sociétés concernées.
Il mettrait à disposition des internautes un site présentant de nombreuses ressources sur la langue française, sur les aspects règlementaires et légaux, les services destinés à aider les citoyens, à faire valoir leurs droits dans le domaine linguistique. Le site réunirait un ensemble d'informations concrètes et pratiques sur la « vie francophone » (démarches administratives, lieux d'enseignements, de culture, de recherche, de coopération...) dans chaque pays de l'OIF. Il serait aussi évidemment un lieu de débat et un forum.

A titre d'exemple, le British Council vient de lancer un programme visant à faire passer le nombre de locuteurs anglophones de 2 à 3 milliards avec un investissement de 150 millions d'euros, alors que les programmes de l'Organisation internationale de la Francophonie pour l'enseignement et la promotion du français se montent à environ 6 millions d'euros...

10 - Etendre le réseau des jeunes volontaires francophones
Chaque Etat membre pourrait détacher à l'OIF un quota de "volontaires" (indemnisés par les Etats), porteurs de projets concrets, soutenus puis évalués. Ces volontaires incarneraient une Francophonie de terrain, jeune, populaire et vivante. Par l'intermédiaire de la langue française, ils ont accès à la diversité des cultures, des situations et des expériences, créant ainsi une identité francophone partagée au-delà de leurs pays ou Etat d'origine.

La première motivation des jeunes volontaires est de donner une dimension internationale à leurs aspirations mais pas n'importe laquelle, puisque c'est celle de la Francophonie qu'ils recherchent.

La diversité géographique et culturelle de la Francophonie est un atout considérable pour multiplier et valoriser ses volontaires, qui deviennent autant de militants et d'ambassadeurs ! La Francophonie n'utilise pas assez son exceptionnel réseau mondial, ni le fait que la mondialisation facilite les échanges.

11 - Un visa francophone
Sur le modèle du visa Commonwealth ou du partenariat Portugal-Brésil, un visa francophone donnerait à ses détenteurs la possibilité de se déplacer plus facilement dans l'espace francophone et de matérialiser ainsi un « espace public ».

Dans une première étape, ce visa viserait plus particulièrement à faciliter la circulation des idées et des connaissances (artistes, journalistes, intellectuels, scientifiques, chercheurs, professeurs,
étudiants). L'OIF, en atténuant les différentiels de droits d'inscription entre certaines universités du Nord et du Sud, faciliterait une circulation plus fluide des étudiants, en particulier pour le 3e cycle.

Parallèlement à cette mesure, il serait judicieux de matérialiser le sentiment d'appartenance à l'espace francophone au travers de promotion très concrètes de la langue dans la vie quotidienne.

Par exemple : annonces en français dans les aéroports, grandes gares, et lieux de transit ; installation d'un comptoir francophone dans certains aéroports internationaux, comme cela existe pour les ressortissants du Commonwealth ; profiter de la journée du 20 mars pour diffuser dans les médias (spot TV, encarts dans la presse, testimoniaux...) la "marque" francophonie.

12 - L'Académie de la francophonie
Elle incarnerait la diversité des réalités francophones, à partir d'une langue en partage. Reconnaître la diversité du monde, c'est reconnaître aussi qu'il n'y a pas une langue française mais des langues françaises.
Le français classique en usage dans l'Hexagone. Le français parlé outre-mer, auquel on peut ajouter celui des jeunes et des banlieues.

Enfin le français de la francophonie, une langue imagée avec énormément d'inventions linguistiques, stylistiques, de mots expatriés qui ont voyagé et se sont modifiés. Une langue parlée en Afrique, au Maghreb, dans les Amériques, en Océanie et en Asie.

C'est là une chance pour notre langue de s'enrichir et demeurer vivante. Non plus un conservatoire mais une utopie et un espace de vie. Un signe de l'ouverture de la Francophonie à la francosphère : élargir le cercle, multiplier les histoires, croiser d'autres solidarités.

Si l'Académie française veille au maintien et à la qualité d'une norme qui incarne tout autant qu'elle façonne la langue des Français, la Francophonie est bel et bien le laboratoire de la diversité culturelle.

Elle doit, en conséquence, avoir une autre approche et être, à côté de l'Académie française, le symbole de la créativité d'une langue mondiale. L'Académie de la francophonie complète le rôle de l'Académie française et souligne l'importance de la diversité culturelle comme condition du maintien de cette langue mondiale.

13 - Une Fondation de la francophonie
Créer une « Fondation de la francophonie » permettrait un apport de financements privés sur des projets spécifiques, au coeur des missions de la Francophonie (éducation, langue, culture...). La loi d'août 2003, relative au mécénat, aménage des conditions fiscales très avantageuses pour les donateurs. Les versements sont déductibles des impôts des particuliers et des entreprises.

Cette fondation pourrait travailler en partenariat avec le Forum francophone des affaires (FFA), la Conférence permanence des chambres consulaires africaines et francophones (CPCCAF), etc.

14 - Une approche économique francophone
Il faut encourager les entreprises francophones à prendre conscience de l'importance qu'il y a à développer des relations d'affaires en français et du rôle qu'elles peuvent jouer en matière de francophilie. Rôle, à terme, bénéfique pour l'accueil de leurs produits et services.
La diversité culturelle existe autant dans l'économie que dans la culture mais on n'a pas l'habitude de la voir et de la reconnaître. Dans l'économie, c'est le conformisme anglo-saxon qui domine encore.

Former les cadres économiques étrangers à la langue et la culture françaises pourrait se faire en collaboration avec le ministère français des Affaires étrangères, l'Alliance française, la Chambre de commerce et d'industrie de Paris et son équivalent dans d'autres pays francophones. En complément, une « banque de stages » proposerait aux entreprises francophones d'accueillir de jeunes francophones et non francophones diplômés.

L'économie n'est pas seulement une technique, elle est aussi une culture, une vision du monde. La mondialisation économique est aujourd'hui dominée par un seul modèle. Demain la diversité dans l'économie sera reconnue autant que pour la culture, la société ou la politique. La Francophonie peut ici jouer un rôle actif.
Face au modèle anglo-américain de gestion, dominant, il est possible de valoriser un "management francophone". Rendre visible d'autres manières de gérer et de diriger, d'autres styles de relations sociales.

Les multinationales francophones pourraient être pionnières, suivies ensuite par des PME dynamiques, dans le cadre d'un « Cercle des multinationales et des acteurs économiques ». Cela concerne aussi le style des écoles de commerce, trop identifiées au Business Schools anglo-saxonnes. Un réseau d'échanges et de partenariat entre écoles de commerces et entreprises, plus attentif et respectueux des autres traditions culturelles économiques, ferait naître et grandir cette nouvelle culture porteuse - à terme - d'une mondialisation ouverte et mieux partagée.

15 - De nouvelles formes de financement pour la production culturelle
Ces formes s'inspireraient de modèles qui ont déjà fait leurs preuves : type Sodec (Québec) ou CNC (France), Conseil des arts et des lettres (Canada), etc. L'OIF pourrait encourager les Etats à développer des aides sous forme d'aide remboursable, de crédit d'impôt, d'allégement fiscaux pour permettre aux artistes de produire et de diffuser des oeuvres en français.

L'identité francophone à l'heure de la mondialisation. Décembre 2008. Cellule de réflexion stratégique de la Francophonie. 94 p.
La Cellule de réflexion stratégique de la Francophonie (CRSF de l'OIF - Organisation internationale de la Francophonie) a été créée à l'initiative de son Secrétaire général, M. Abdou DIOUF, qui l'a présentée officiellement, le 26 février 2007 à Paris.

Sous la direction de Dominique WOLTON, directeur de recherche au CNRS, avec la collaboration de deux experts consultants :
- Catherine MANDIGON
- Aurélien YANNIC
assisté d'Henriette NJAKOUO
La Cellule de réflexion stratégique de la Francophonie réfléchit sur les grandes questions que l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) devra affronter dans les prochaines années. Comment renforcer la coopération avec les acteurs internes et externes de la Francophonie et proposer des analyses et des actions à mener.



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Dominique WOLTON

Directeur scientifique de la Cellule de Réflexion Stratégique de la Francophonie à l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) Directeur de recherche, classe exceptionnelle au CNRS Directeur de l'Institut des Sciences de la communication du CNRS Directeur de la Revue Hermès, Cognition Communication Politique, CNRS Éditions, Paris Membre du Conseil scientifique du CNRS Membre du Conseil d'administration du Groupe France Télévisions et de France 2 Membre de la Commission française de l'Unesco Président du Comité d'éthique du Bureau de vérification de la publicité (BVP)
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